Note 16 – Le Conseil de développement

Un conseil de développement est une structure participative, intermédiaire entre la population et les élus, composé uniquement de membres bénévoles issus de la société civile.
C’est grâce à la loi Voynet du 25 juin 1999 (loi LOADDT1) que notre nouvelle EPCI à 44 communes est, de part sa taille (plus de 20 000 habitants), dans l’obligation d’initier cette structure.

Pour en savoir un peu plus :
– sur les Conseils de développement
– sur le Conseil de développement du Pays de Luçon

(1) – LOADDT : Loi d’Orientation pour l’Aménagement et le Développement Durable du Territoire

 

 

 

15 – Holoptisme, panoptisme, intelligence collective globale

Dès que l’on doit être efficace face à un problème, nous formons spontanément un petit groupe de travail (une commission, une cellule de crise…). Le ‘petit groupe’ est une structure dans laquelle on se sent bien, où nous sommes au meilleur de nos « possibilités d’échange, de perception, de co-création, d’empathie1 ». Dans cet environnement holoptique, on bénéficie d’une perception permanente, et renouvelée à chaque instant, de tous les membres du groupe et des échanges qui s’établissent entre eux2. C’est dans cette configuration que l’intelligence collective va être efficace et productive.

Lorsque le groupe devient plus grand, le fonctionnement holoptique n’est plus possible et on adopte le système pyramidal, avec une autorité descendante et une division du travail. Ce sont les personnes situées en haut de la hiérarchie qui réfléchissent et décident pour l’ensemble du groupe ; ils transmettent leurs ordres aux niveaux hiérarchiques inférieurs qui s’exécutent. Ce système peut être efficace tant que les étages exécutifs de la pyramide acceptent leur situation et/ou tant que les dirigeants sont efficaces et soucieux du bien être de leur groupe.
On appelle panoptisme ce type d’intelligence collective.

C’est dans le cyberespace qu’il est possible retrouver un fonctionnement holoptique avec un grand nombre de personnes. Dans ce vaste groupe, ce sont des logiciels appropriés (dits sociaux ou relationnels)3 qui vont être utilisés pour faciliter la communication entre les personnes, créer des liens sociaux, permettre le travail collaboratif, etc. Grâce à cette nouvelle manière de communiquer et de travailler ensemble, de manière globale et holistique, on peut faire émerger collectivement des idées ou des solutions ; on parle ici d’intelligence collective globale.

Les structures participatives de notre gouvernance partagée que sont les commissions thématiques, les groupes de travail, les différents conseils (des sages, des jeunes, de la vie associative) et le Comité de veille démocratique, auront la taille optimale pour un fonctionnement holoptique. En revanche, si on envisage une quarantaine de membres (par exemple) pour l’Assemblée communale, il faudra que leur disposition spatiale soit bien réfléchie4 et, sans doute, la présence d’un animateur pour que l’holoptisme reste de mise.
Pour l’ensemble de la population, la création d’un réseau social via Internet (mails, forum…) me paraît difficilement réalisable. Ou alors, pourquoi ne pas envisager une application participative par téléphone mobile ?

 

(1) – Jean-François Noubel – Entretiens avec Maya Ollier
(2) – Il faut bien évidemment que tous les membres soient regroupés dans le même lieu car c’est cette proximité spatiale qui permet l’holoptisme.
Pour illustrer ce qu’est un environnement holoptique, on prend souvent l’exemple d’un groupe de musique dans lequel chaque instrumentiste joue sa partie tout en écoutant et en s’adaptant à ce que font les autres musiciens, tous ensemble soucieux d’améliorer la qualité du morceau joué.
(3) – Un exemple de logiciel social : Imagination for people (I4P)
(4) – Pour faciliter la discussion, une disposition circulaire (table ronde, avec ou sans table) est préférable, avec l’animateur est au même ‘niveau’ que les autres. Cette disposition présente également l’avantage de gommer visuellement toute position dominante d’un ou de plusieurs membres.
Pour faciliter l’émergence de nouvelles idées (remue méninges – brainstorming), toujours une disposition circulaire mais avec un animateur plus ‘central’ qui enregistre et note (tableau, post-it…) toutes les idées dès qu’elles sont énoncées. Il ne retiendra à la fin que les meilleures.

14 – Le tirage au sort

Le tirage au sort est le seul acte véritablement démocratique. C’est de cette manière que l’on constitue les jurys d’assises et que les instituts de sondages élaborent leurs échantillons de personnes à interroger. Si dans ces cas précis, personne ne trouve à redire du tirage au sort, ce n’est pas le cas en politique où cette méthode n’est presque jamais utilisée1.

Voici deux citations énoncées à 2000 ans d’intervalle : la première est d’Aristote, « Les élections sont aristocratiques et non démocratiques : elles introduisent un élément de choix délibéré, de sélection des meilleurs citoyens, les aristoï, au lieu du gouvernement par le peuple tout entier. » ; la deuxième est de Montesquieu,« Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie ; le suffrage par choix est de celle de l’aristocratie.».
 Et l’aristocratie mène rapidement à l’oligarchie.

À propos de l’incompétence éventuelle des personnes tirées au sort (argument souvent évoqué), le fait d’être élu ne garantit ni la compétence, ni la connaissance absolue des domaines dans lesquels des décisions vont être prises. Quand un élu « ne sait pas », il s’entoure de conseillers, demande l’avis d’experts. Donc, si les personnes tirées au sort sont incompétentes sur un sujet, entourons-les de conseillers et d’experts et elles deviendront compétentes.
Autre critique à propos du tirage au sort : ce n’est pas le peuple qui choisit ses représentants.

Remarques :
– lire « La petite histoire du tirage au sort en politique », par Yves Sintomer
– on appelle stochocratie un système politique dans lequel les représentants du peuple sont désignés par tirage au sort.

(1) – Le parti politique « Nouvelle donne » a utilisé le tirage au sort parmi ses adhérents pour désigner les candidats aux élections européennes de 2014.

12 – La stigmergie

« La stigmergie est une méthode de communication indirecte dans un environnement émergent auto-organisé, où les individus communiquent entre eux en modifiant leur environnement. » Définition de Lilian Ricaud1

Les tracés des sentiers qui se font par l’usage (desire paths) permet d’illustrer le principe de la stigmergie.
Lorsqu’un cheminement s’avère peu pratique, ou tout simplement trop long, une première personne va passer à côté de ce chemin, laisser une infime trace, qu’une deuxième personne, en l’apercevant, va emprunter à son tour.
Comme peu à peu les promeneurs vont prendre l’habitude de passer à cet endroit, un nouveau sentier va naître et se renforcer avec le nombre de passages.

desire-path
Le sentier s’est fait tout seul, chaque promeneur apportant sa contribution sans concertation avec les autres. Et pourtant, au final, on obtient un nouveau tracé bien plus pratique que le tracé d’origine créé par les « experts ».

De ce qui précède on peut tirer un premier principe : chaque personne doit laisser une trace visible (même infime) de son action dans l’environnement. L’idée est que cette trace puisse être découverte par quelqu’un d’autre qui sera capable d’en tirer profit. Tout dépendra de la sérendipité2 de cette autre personne. Parfois cette trace, associée fortuitement à un autre événement, ou à une autre trace, peut être à l’origine d’une nouvelle idée ou permettre d’avancer dans un raisonnement ; c’est la synchronicité3.

Un deuxième principe découle du précédent : l’information (un maximum) doit être facilement accessible. Par exemple, les traces des actions des uns et des autres doivent être volontairement ‘affichées’ au vu et au su de tous (véritable démarche d’ouverture, type open data)4.

Si cette démarche s’accommode mal à un travail en vue d’un objectif précis, il ne faut pas l’éliminer pour autant et toujours avoir l’œil et l’esprit disponibles à l’affût de ces fameuses traces et de leurs éventuels intérêts. Dans un groupe, grâce aux traces laissées par les uns et les autres, la démarche stigmergique ouvre la possibilité à quelque chose de nouveau d’émerger ; chose que tout autre mode d’organisation du groupe n’aurait sans doute pu découvrir5.


(1) – Lilian Ricaud – Chercheur, consultant, formateur avec une approche écosystémique de la coopération.

(2) – La sérendipité est un état d’esprit à cultiver pour faire des trouvailles. C’est en quelque sorte l’art de trouver une information sans vraiment la chercher, le fait de tomber sur quelque chose qui nous intéresse alors qu’on cherchait autre chose. On peut exercer sa sérendipité en fouinant sur le Net car on peut parfois y dénicher des informations qui ne répondent pas aux questions que l’on se pose sur le moment mais qui permettent d’éclaircir un autre point qui nous tracasse mais que nous n’avions pas prévu d’aborder à ce moment là.
(3) – On parle de synchronicité (concept énoncé par Jung) quand, au même moment, surviennent deux évènements sans aucun lien apparent de causalité entre eux mais qui prennent sens pour la personne qui les perçoit. Ce qui est perturbant c’est que ces merveilleuses coïncidences (trop belles pour être vraies) semblent souvent nous aider bien davantage qu’un travail et une réflexion bien organisés ; comme s’il s’agissait d’une aide « magique » venant on ne sait d’où.
Pour Jung*, ces coïncidences surviennent d’autant plus facilement si on adopte « une certaine nonchalance attentive (très comparable à celles des chats) ». Peut être la même attitude que pour la sérendipité ?
* Carl Gustav Jung.
(4) – Open data (ou donnée ouverte) : information publique brute, qui a vocation à être librement accessible et réutilisable.
(5) – La stigmergie est une forme d’auto-organisation d’un groupe. Elle échappe à toute hiérarchie dans le groupe qui serait néfaste à sa capacité d’innovation, à sont efficacité :
– soit parce qu’un seul individu dominant inhibe l’implication des autres, ceux-ci étant trop soucieux de plaire à cette personne (d’être de son avis), les empêchant de participer efficacement (système hiérarchique classique) ;
– soit parce que l’ensemble du groupe coopère et recherche un consensus. Dans ce cas, c’est cette recherche qui contrôle les individus du groupe (hiérarchie de consensus) et freine leur imagination (puisqu’on est proche d’un consensus, pourquoi détruirais-je tout avec une nouvelle idée ?).

 

 

11 – Efficacité des petits groupes

Deux grands patrons, Jeff Bezos (Amazon.com) et Mark Zuckerberg (Facebook) ont fait la même observation : pour être efficace, il est préférable de travailler en petits groupes1. En effet, quand un groupe grandit, le nombre d’interactions potentielles entre les membres du groupe s’accroit lui aussi, mais de façon exponentielle.

La formule n ( n-1) / 2 donne le nombre d’interactions potentielles entre les n participants d’un groupe.
Exemple avec des groupes de 2 à 32 personnes (Cliquez sur le graphique pour l’agrandir.) :
petits-groupes
Sur le graphique ci-dessus, la croissance exponentielle des interactions est évidente ; d’où la difficulté à communiquer des groupes trop importants (et leur inefficacité).

Le travail en petits groupes permet à chacun de ses membres d’avoir une vue d’ensemble sur le groupe et son activité (holoptisme). C’est un système souple, adaptable, réactif et performant.
Quel est le nombre idéal de personnes par groupe ?
Il est faible : au maximum 10 personnes. Jeff Bezos rappelle souvent sa « Règle des 2 pizzas », « If a team couldn’t be fed with two pizzas, it was too big ».

(1) – Ce qui est encore plus vrai quand il s’agit de travail créatif ou innovateur.

10 – Community organizing

Le ‘Community organizing’ (Organisation communautaire) est un mode d’action de type ’empowerment’ né aux États-Unis, qui a essaimé à Londres puis, plus récemment, en France : en 2010 à Grenoble1 et, en 2013, à Rennes2.
L’idée fondamentale de Saul Alinsky, son concepteur, est que pour s’attaquer aux problèmes sociaux, il faut bâtir des « organisations populaires » dont le fonctionnement doit s’appuyer sur les principes suivants :
– le principe du pouvoir.
Ce principe est primordial car sans lui il est impossible d’imposer la négociation ; la seule ‘bonne foi’ des personnes ne suffit pas.
– le principe de l’intérêt propre
L’intérêt propre est le point d’appui pour le pouvoir. Pour Alinsky, éluder l’intérêt particulier c’est « refuser de voir l’homme tel qu’il est, de le voir seulement comme on souhaiterait qu’il soit ».
– le principe du conflit
Quiconque essaie de faire valoir son intérêt particulier se heurte souvent aux intérêts des autres ; le conflit est donc inévitable. On doit même le rechercher car l’antagonisme est mobilisateur (d’énergie, d’idées…). Dans une communauté il est bon que les citoyens s’expriment ouvertement plutôt que de taire leurs rancœurs, leurs jalousies, leurs frustrations… Pour Alinsky, le conflit est « le noyau essentiel d’une société libre et ouverte ».

(1) – Grenoble – Association « Alliance citoyenne »
(2) – Rennes – Association « Si on s’alliait ? »

9 – L’empowerment

Le mot ‘empowerment’ n’a pas de traduction française convenable ; il combine à la fois deux dimensions, le pouvoir (avec ‘power’), et le processus individuel et collectif pour y accéder (dans le préfixe ‘em’ et le suffixe ‘ent’)1.
Avec l’empowerment il faut regarder la société non pas dans son ensemble2 mais en considérant les ressources dont disposent les citoyens. Ceux-ci doivent prendre conscience individuellement et collectivement que la domination ‘venant du haut’ n’est pas immuable mais qu’ils peuvent et doivent être à l’origine d’actions et de structures pour s’exprimer et acquérir le pouvoir de surmonter cette domination dont ils font l’objet.


(1) – D’après Hélène Balazard, docteur en Science politique à l’
Unité cohérence territoriale et cohésion sociale du CEREMA de Lyon, chercheure associée à la chaire UNESCO « Politiques urbaines et citoyenneté ». En France, on traduit parfois ‘empowerment’ par ‘capacitation’, mais dans ce mot il manque la dimension de ‘pouvoir’, ou alors par ‘autonomisation’, qui n’est guère meilleur.
(2) – C’est assez inhabituel en France où « le pouvoir est plutôt vu comme autorité et puissance, détenu unilatéralement par quelqu’un qui incarne la souveraineté du peuple3 tout entier4 ».
(3) – Plutôt la ‘souveraineté nationale’ que populaire (voir la différence dans la ‘Note 1’ : « La démocratie (tentative de définition) ».
(4) – Intervention d’Hélène Balazard aux ‘Rencontres de l’Observatoire de la jeunesse’, en 2013 / Voir podcasts sur le site de l’INJEP.

 

8 – Intérêt général et intérêts particuliers

L’intérêt général correspond, en théorie, aux intérêts, valeurs ou objectifs partagés par l’ensemble de la population et censés procurer un bien-être à tous les individus.

En réalité, l’intérêt général est une notion floue, difficile à appréhender :
– si on l’imagine comme un intérêt spécifique à l’ensemble de la population, on pourrait le définir comme le bien-être de tous (ou du plus grand nombre) ou le bien-vivre. Mais est-ce que tout le monde considère ce bien-être de la même manière ? est-ce qu’il y a réellement (objectivement) un bien-être commun ?
– si, en revanche, on considère l’intérêt général comme l’ensemble des intérêts particuliers (privés) qui interagissent entre eux et s’équilibrent (comme dans un écosystème), il est impossible de dire à quoi il correspond exactement.

Dans les discours des politiques on les entend souvent promettre qu’il vont œuvrer pour l’intérêt général.
On peut se demander si les seuls élus – et le maire en particulier – peuvent décider ce qui est bon pour la population1. Ne serait-il pas intéressant de préciser la notion d’intérêt général et de la faire valider par la population, ne serait-ce que par une enquête sur le terrain ? Ne pourrait-on pas faire confiance aux habitants de la commune pour prendre un peu de distance avec leurs propres intérêts et imaginer l’intérêt de la communauté ?

D’un autre côté, il semble difficile pour tout le monde, élus et non-élus, de bien cerner ce qui est d’intérêt général. On l’a vu récemment dans notre Région avec le projet de l’aéroport de Notre-Dames-de-Landes. Quelles sont les raisons qui ont guidé les participants au référendum ? Les attentes de la population de Loire-Atlantique étaient variées : protection de l’environnement, économie locale, besoin de subventions… À cela il faut rajouter les préoccupations égoïstes : on est pour quelque chose, mais pas à côté de chez soi (attitude NIMBY, acronyme de ‘Not In My Back Yard’, qu’on peut traduire par ‘Pas dans mon petit jardin derrière ma maison’).

Dans les débats à l’assemblée communale, les intérêts particuliers seront toujours présents ; on ne pourra pas avoir si les participants qui formulent des objections à une proposition et/ou prennent des décisions, le font pour le bien de la communauté ou pour eux-mêmes. Il y aura donc toujours ce conflit entre l’intérêt général et les intérêts particuliers. Peut-on imaginer que les personnes qui ont des intérêts particuliers en jeu dans une discussion, les formulent clairement et honnêtement afin d’éclairer le débat ?
Remarque : les élus ne sont pas les seuls dépositaires de l’intérêt général ; il ne faut pas oublier l’action bénévole des associations et des acteurs de l’économie sociale et solidaire, souvent plus proches des gens et de leurs besoins que les politiques.

(1) – L’action des élus pour l’intérêt général peut prendre deux formes :
– soit leur objectif est quelque chose de spécifique à l’ensemble de la communauté (vision volontariste),
– soit ils souhaitent améliorer les intérêts particuliers du plus grand nombre de personnes (vision d’inspiration libérale et utilitariste).
(2) – « …
sur les questions d’intérêt général qui concernent les grandes orientations à donner à la vie collective, le citoyen est le meilleur des experts qui soient. » (Patrick Savidan : « Démocratie participative et conflit »)

7 – Pourquoi pas un budget participatif ?

Le budget est largement élaboré par le maire1 ; la commission finance et le conseil municipal n’intervenant ensuite que sur des points mineurs (montant des subventions par exemple). Dans ces conditions, au moment du vote, combien d’élus sont à même de juger de la pertinence des choix effectués ? Dans un premier temps, il faudrait que le processus d’élaboration soit transparent et accessible à l’ensemble des élus. Et puis,
pour aller au bout du processus participatif, pourquoi ne pas associer la population à la destination des ressources publiques (arbitrages, choix budgétaires). Élus et non-élus2 pourraient alors décider ensemble des priorités d’affectation de l’argent public. Cela permettrait de bien identifier les attentes de la population et de permettre des réalisation que la municipalité n’aurait peut être considérées comme prioritaires.
Il serait intéressant d’accompagner cette initiative d’échanges explicites avec la population sur les questions financières communales.

(1) –Est-il normal que ce soit une seule personne qui ait ce pouvoir ?
(2) – En partant du principe qu’il existe une intelligence collective, il doit être possible de croiser les réflexions des élus et des non-élus pour construire des décisions justes et légitimes.