15 – Holoptisme, panoptisme, intelligence collective globale

Dès que l’on doit être efficace face à un problème, nous formons spontanément un petit groupe de travail (une commission, une cellule de crise…). Le ‘petit groupe’ est une structure dans laquelle on se sent bien, où nous sommes au meilleur de nos « possibilités d’échange, de perception, de co-création, d’empathie1 ». Dans cet environnement holoptique, on bénéficie d’une perception permanente, et renouvelée à chaque instant, de tous les membres du groupe et des échanges qui s’établissent entre eux2. C’est dans cette configuration que l’intelligence collective va être efficace et productive.

Lorsque le groupe devient plus grand, le fonctionnement holoptique n’est plus possible et on adopte le système pyramidal, avec une autorité descendante et une division du travail. Ce sont les personnes situées en haut de la hiérarchie qui réfléchissent et décident pour l’ensemble du groupe ; ils transmettent leurs ordres aux niveaux hiérarchiques inférieurs qui s’exécutent. Ce système peut être efficace tant que les étages exécutifs de la pyramide acceptent leur situation et/ou tant que les dirigeants sont efficaces et soucieux du bien être de leur groupe.
On appelle panoptisme ce type d’intelligence collective.

C’est dans le cyberespace qu’il est possible retrouver un fonctionnement holoptique avec un grand nombre de personnes. Dans ce vaste groupe, ce sont des logiciels appropriés (dits sociaux ou relationnels)3 qui vont être utilisés pour faciliter la communication entre les personnes, créer des liens sociaux, permettre le travail collaboratif, etc. Grâce à cette nouvelle manière de communiquer et de travailler ensemble, de manière globale et holistique, on peut faire émerger collectivement des idées ou des solutions ; on parle ici d’intelligence collective globale.

Les structures participatives de notre gouvernance partagée que sont les commissions thématiques, les groupes de travail, les différents conseils (des sages, des jeunes, de la vie associative) et le Comité de veille démocratique, auront la taille optimale pour un fonctionnement holoptique. En revanche, si on envisage une quarantaine de membres (par exemple) pour l’Assemblée communale, il faudra que leur disposition spatiale soit bien réfléchie4 et, sans doute, la présence d’un animateur pour que l’holoptisme reste de mise.
Pour l’ensemble de la population, la création d’un réseau social via Internet (mails, forum…) me paraît difficilement réalisable. Ou alors, pourquoi ne pas envisager une application participative par téléphone mobile ?

 

(1) – Jean-François Noubel – Entretiens avec Maya Ollier
(2) – Il faut bien évidemment que tous les membres soient regroupés dans le même lieu car c’est cette proximité spatiale qui permet l’holoptisme.
Pour illustrer ce qu’est un environnement holoptique, on prend souvent l’exemple d’un groupe de musique dans lequel chaque instrumentiste joue sa partie tout en écoutant et en s’adaptant à ce que font les autres musiciens, tous ensemble soucieux d’améliorer la qualité du morceau joué.
(3) – Un exemple de logiciel social : Imagination for people (I4P)
(4) – Pour faciliter la discussion, une disposition circulaire (table ronde, avec ou sans table) est préférable, avec l’animateur est au même ‘niveau’ que les autres. Cette disposition présente également l’avantage de gommer visuellement toute position dominante d’un ou de plusieurs membres.
Pour faciliter l’émergence de nouvelles idées (remue méninges – brainstorming), toujours une disposition circulaire mais avec un animateur plus ‘central’ qui enregistre et note (tableau, post-it…) toutes les idées dès qu’elles sont énoncées. Il ne retiendra à la fin que les meilleures.

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