14 – Le tirage au sort

Le tirage au sort est le seul acte véritablement démocratique. C’est de cette manière que l’on constitue les jurys d’assises et que les instituts de sondages élaborent leurs échantillons de personnes à interroger. Si dans ces cas précis, personne ne trouve à redire du tirage au sort, ce n’est pas le cas en politique où cette méthode n’est presque jamais utilisée1.

Voici deux citations énoncées à 2000 ans d’intervalle : la première est d’Aristote, « Les élections sont aristocratiques et non démocratiques : elles introduisent un élément de choix délibéré, de sélection des meilleurs citoyens, les aristoï, au lieu du gouvernement par le peuple tout entier. » ; la deuxième est de Montesquieu,« Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie ; le suffrage par choix est de celle de l’aristocratie.».
 Et l’aristocratie mène rapidement à l’oligarchie.

À propos de l’incompétence éventuelle des personnes tirées au sort (argument souvent évoqué), le fait d’être élu ne garantit ni la compétence, ni la connaissance absolue des domaines dans lesquels des décisions vont être prises. Quand un élu « ne sait pas », il s’entoure de conseillers, demande l’avis d’experts. Donc, si les personnes tirées au sort sont incompétentes sur un sujet, entourons-les de conseillers et d’experts et elles deviendront compétentes.
Autre critique à propos du tirage au sort : ce n’est pas le peuple qui choisit ses représentants.

Remarques :
– lire « La petite histoire du tirage au sort en politique », par Yves Sintomer
– on appelle stochocratie un système politique dans lequel les représentants du peuple sont désignés par tirage au sort.

(1) – Le parti politique « Nouvelle donne » a utilisé le tirage au sort parmi ses adhérents pour désigner les candidats aux élections européennes de 2014.

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