42.3 – Défaut d’équité

Au cours d’un débat, c’est la procédure elle-même qui peut générer des formes d’exclusion :
« Dans l’organisation concrète de la discussion … les discours les plus revendicatifs, les moins respectueux des formes langagières, ont de fortes chances d’être réprimés ou du moins sanctionnés d’une manière ou d’une autre. Les échanges formés sur une argumentation rationnelle sont au contraire valorisés, de même que les postures de bienséance et d’écoute. » (Loïc Blondiaux : « Le Nouvel Esprit de la démocratie »)
Ainsi peuvent se créer des différences entre les membres de l’Assemblée selon leur capacité à respecter les règles de la délibération, différences qui influeraient sur le poids de leurs propos. On distinguerait ainsi trois catégories de personnes :
– celles qui ne participent pas, mais dont la présence permet de légitimer le processus1 ;
– celles qui sont réprimées à cause de leur attitude négative / rebelle (voir ‘Consensus/Dissensus, pluralité, conflit) ;
– celles qui ‘occupent le terrain’ parce qu’elles sont capables de s’exprimer facilement en public, de formuler des arguments rationnels et qui, par conséquent, seront particulièrement écoutées et encouragées. (d’après Olga Nadeznha Vanegas : « La raison publique : un consensus qui cache une forme de domination ? »)
Et s’il y a des différences entre les membres de l’assemblée, il n’y a plus l’équité souhaitée, et donc plus de légitimité pour la décision qu’ils pourraient prendre.

(1) – Ce sont ces mêmes personnes qui sont considérées comme ‘consentantes’ dans la méthode par consentement (voir « Note 5′ : « Deux règles de la sociocratie« ).

 

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